Le tri des déchets est en cours de simplification en France avec l’arrivée de nouvelles consignes de tri qui se veulent beaucoup plus simples et harmonisées à l’échelle de tout le pays.

Le plastique, talon d’Achille du tri

Depuis la mise en place du recyclage du plastique en 1992, seul 23% du million de tonne de plastique consommé par les ménages chaque année était trié et recyclé. En effet, seuls les flacons et bouteilles en plastiques étaient « triable », la faute à la complexité de cette matière. Septs résines différentes de plastique recyclables existent (les « thermoplastiques », capables de reprendre forme après avoir été fondus) mais seules deux 2 d’entres elles l’étaient réellement : le PET, matière qui forme les bouteilles d’eau notamment et le PEHD, matière qui forme les bidons de lessive par exemple.

Les autres plastiques étaient donc à mettre dans les ordures résiduelles pour être incinérés ou enfouis. Un gâchis de ressource et un impact environnemental important, à travers la pollution de l’air, du sol et du cycle de l’eau.

La majorité des plastiques sont encore enfouis ou incinérés.
Photo : ISDND de Montmirail, auteur, 2017

Un tri simplifié

C’est une petite révolution qui est en cours de développement en France : d’ici 2022, une seule consigne de tri sera applicable dans tout le pays, simplifiant grandement le geste de tri.

Cette consigne, permise par l’évolution des techniques dans les centres de tri, est on ne peut plus simple : « tous les emballages se trient » et vont dans le bac de recyclage, fini les exceptions (pots de yaourt, sacs plastiques…) ! Aujourd’hui, la moitié des français sont concernés par cette nouvelle consigne de tri et tout le territoire passera en « extension de consigne » d’ici 2022, comme Paris et ses 6 millions d’habitants depuis cette année.

Alors quoi de neuf dans la poubelle jaune ? (ou verte, ou bleu… la couleur elle, n’est pas encore harmonisée). Sur les territoires concernés, tous les emballages et donc tous les plastiques d’emballages deviennent recyclables : PP, PS, PE, PVC… autant d’acronymes qui renvoient à des noms de polymères aux caractéristiques variées, désormais recyclables sans distinction.

Pour savoir si votre territoire est concerné, il suffit de vous rendre sur le site de votre collectivité en tapant « votre ville » + « déchets » dans un moteur de recherche. Il existe aussi un site pour savoir si n’importe quel produit du quotidien est recyclable en fonction du lieu où il est jeté, et même une appli « Guide du tri » :

 

 

 

 

Des centres de tri rénovés

Pour permettre cette simplification, les centres de tri ont du être modernisés afin de trier les emballages plastiques plus finement grâce à un système de tri optique. Désormais, 4 flux seront séparés : 3 flux pour les plastique solides* (en PET, PEHD, PE ou PP) et un flux pour les films (en PE).

En ce qui concerne les autres emballages mixtes constitués de plusieurs matières collées, appelés « complexes » de par leur difficulté à être recyclés, ils iront en erreur de tri et n’auront donc pas vocation à être recyclés. Cela concerne par exemple les paquets de chips, les gourdes de compotes ou autres sachets souples de jus de fruits : tous ces emballages, constitués de plastique et d’aluminum thermosoudés, sont donc à éviter dès l’achat !

Car ne l’oublions pas : un déchet, même recyclé, a un impact environnemental non négligeable. Il est donc préférable de réduire sa production en adoptant des gestes zéro déchet au quotidien (achat en vrac ou gros contenants, cuisiner plutôt que consommer des repas emballés, toujours avoir sa gourde et son mug, etc.).

* Les plastiques solides sont séparés en 3 flux : PET clair; bouteilles/flacons/pots en PP et PE; et un dernier flux mixte regroupant les PET foncés et opaques et les barquettes en PET ainsi que les pots et barquettes en PS.

Photo à la une : des bacs sur-triés lors d’un évènement AREMACS, auteur, 2018.